> Théâtre 13 / Seine Théâtre

LA DISCRÈTE AMOUREUSE

de Felix Lope de Vega - création en France
mise en scène Justine Heynemann

Contexte historique

« Phénix dans tous les siècles, prince du vers, Orphée de la connaissance, Apollon des Muses, nouvel Horace entre les poètes, Virgile de l’épopée, Homère par ses héros, Pindare par ses chants, Sophocle des tragiques et Térence des comiques ». Juan Pérez de Montalbán, éloge funèbre de Lope De Vega


Au XVIIème siècle, l’Espagne et l’Angleterre voyaient leur théâtre révolutionné et réinventé par deux auteurs strictement contemporains : Lope de Vega (1562-1635), qui écrivit plusieurs centaines de comedias et Shakespeare (1564-1616), emblème du Théâtre Elisabéthain. Ces derniers prenaient des libertés concernant le lieu, le temps et l’action de leurs pièces que ne se sont pas autorisé facilement leurs successeurs français, sanglés dans les règles strictes du Théâtre Classique.

C’est sans doute cette liberté qui représente le mieux l’œuvre de Lope de Vega.

Fils d’un brodeur, il fut un enfant précoce et très doué, ce qui lui valut de poursuivre brillamment des études.
Son œuvre est aussi foisonnante et complexe que le fut sa vie, jalonnée de multiples conquêtes amoureuses – qui le placèrent dans la nécessité d’écrire sans cesse afin de faire vivre femmes et enfants légitimes ou non – d’années militaires, alternant périodes d’exil pour des questions d’honneur et retour en grâce auprès des puissants, pour finir par une ordination en temps que prêtre, qui n’eût pourtant pas raison de son tempérament sensuel...

Le Siècle d’Or bat son plein. Cette période est celle d’une éblouissante production artistique et littéraire en Espagne, qui s’impose par sa culture. Grâce à l’afflux d’or et d’argent venus d’Amérique depuis le XVIème siècle, Philippe II fait bâtir l’Esqurial, attirant les artistes les plus renommés d’Europe. Cependant, le rayonnement culturel de l’Espagne coïncide avec un essoufflement économique interne, qui verra finir la dynastie des Habsbourg.

Le théâtre est alors le divertissement par excellence, pour le peuple comme pour les nobles. On en fait à grands renforts de machineries dans les palais royaux, mais aussi avec trois fois rien dans les cours d’auberges ou entre deux rues, aménagées pour l’occasion en corrales (premiers espaces scéniques en Espagne).

Lope de Vega écrit donc pour plaire au public, seul vrai juge. Si ses pièces – on lui en attribue plusieurs centaines – ont été taxées de frivolité et accusées de manquer de grandeur, il a pourtant écrit des pièces aussi variées que des comédies bourgeoises et rustiques, des pièces historiques ou d’inspiration religieuse. Pleinement en prise avec son temps, avec les préoccupations d’une société en mutation marquée par l’absence totale de répartition des richesses, l’exode rural ou la religiosité, les comédies de Lope de Vega explorent et arpentent le domaine poétique du quotidien, où les classes sociales continueront toujours de s’affronter, l’amour de soumettre l’âme et le cœur à des mouvements contraires, la jeunesse de vouloir vivre librement, l’honneur d’être l’apanage de tous, paysans ou seigneurs.