> Théâtre 13 / Jardin Théâtre

LA DAME DE CHEZ MAXIM

Georges Feydeau
Johanna Boyé

Note d'intention

La Dame de chez Maxim interpelle par son actualité, car Feydeau s’y amuse des clivages qui existent au cœur de notre société.
L’originalité de la proposition repose sur une adaptation pour seulement 7 comédiens et 1 musicien, qui, dans un ballet chorégraphié, interprètent tous les personnages. Cette pièce chorale résonne d’autant plus aujourd’hui qu’elle nous permet de dresser une galerie de personnages, véritable paysage sociologique des archétypes contemporains, et de questionner les fondements de notre société.

Les acteurs constituent l’atome, le centre du travail et le collectif l’essence de sa pulsation. Toute leur virtuosité technique et toute leur inventivité sont ici mises au service de l’absurde, et du burlesque des situations qui contraint les personnages dans une dramaturgie au bord du déséquilibre.

L’univers sonore, omniprésent, est teinté d’influences et de références actuelles, aux sonorités modernes, et aux accents rock. Cette ambiance musicale conduit à inventer de grands tableaux visuels et musicaux, véritables instants de respiration de la pièce. Le musicien multi-instrumentiste, compositeur et créateur de la musique originale, insuffle l’énergie et la dynamique globale de la pièce. Et tous les comédiens le soutiennent et l’accompagnent en chantant et jouant d’un instrument.

L’esthétique, basée sur la réinterprétation des codes et l’actualisation d’éléments anciens, caractérise la mise en scène. Elle revisite et décale les éléments forts d’hier, pour donner à voir toute la modernité et l’actualité qui y réside. Une scénographie mobile et vivante construit l’espace au fur et à mesures. La lumière achève de sculpter, d’habiller et d’affiner la proposition scénographique dans la multiplicité d’espaces que propose la pièce, et nous fait basculer entre rêve et réalité.

L’engagement artistique vers un univers visuel fort, et vers la conception d’images et de séquences imaginaires, permet de créer une adaptation originale de l’oeuvre : un spectacle joyeux et insolent, qui, dans sa forme et dans son fond, touche et interroge le spectateur sur ses propres fondements.

Il s’agit dans ce spectacle de chercher et travailler à sonder l’être humain, pour voir, dans son cheminement, le miroir de la société qu’il bâtit.

Johanna Boyé